Maroc : Mohammed VI annonce une réforme constitutionnelle démocratique

Maroc : Mohammed VI annonce une "réforme constitutionnelle" démocratique
Le Roi du Maroc, Mohammed VI, a annoncé l’ouverture d’un vaste chantier de réformes constitutionnelles, ainsi que la mise en place de la régionalisation avancée, dans un discours solennel prononcé à la nation le mercredi 9 mars 2011
Dans son discours très attendu, le Roi Mohammed VI a annoncé que le statut de Premier Ministre devait être renforcé en "tant que chef d'un pouvoir exécutif effectif" ainsi que celui des partis politiques dans une profonde réforme constitutionnelle. Le fait que le Roi considère que le rôle du Premier Ministre soit celui d'un chef de pouvoir, montre sa détermination à consolider la séparation et l'équilibre des pouvoirs.
La nouvelle réforme constitutionnelle dont la dernière révision a eu lieu en 1996, va prévoir un gouvernement élu par la volonté populaire. Elle sera également soumise à un référendum populaire dont la date sera fixée ultérieurement.
Le Roi a également précisé dans son discours qu'une série de mesures serait prise pour renforcer les droits de l'homme et les libertés individuelles, l'indépendance de la justice ainsi que le pluralisme et le rôle des partis politiques.
Le Premier Ministre ne sera plus nommé par le Roi mais désigné dans le parti politique arrivé en tête des élections de la première Chambre du parlement marocain.
Sa Majesté a également indiqué les sept fondements de ses réformes démocratiques, dont la reconnaissance constitutionnelle pour la première fois de la composante berbère "amazigh". Une commission, prochainement mise en place avec à sa tête le constitutionnaliste marocain Abdelatif Menouni, sera chargée de présenter au roi, d'ici juin, les propositions de réforme de la constitution.
La réforme la plus en vue dans ce discours est celle du processus de régionalisation dans le royaume avec en tête les provinces du Sahara marocain (Sahara occidental).
La promulgation de la première constitution marocaine datait de 1962 et si elle a été plusieurs fois réformée, dont la dernière en 1996, cette prochaine réforme est sans doute la plus forte et représente sans nul doute une réponse aux manifestations du 20 février dernier.
